Shakra – Powerplay

La Suisse n’est pas un pays des plus metalleux. On y connait Gothard, Lacrimosa, Eluveitie, Celtic Frost, Sybreed, Paysage d’Hiver, Coroner…  Et après ? Humph, ben pas grand-chose. Il semblerait que le pays se soit contenté de placer un grand nom ou deux dans à peu près chaque genre, et en soit resté là.

Dans le style hard rock –heavy, i l n’y a cependant pas que Gothard en Suisse : il y a aussi Shakra. Un groupe Bernois des plus discrets, ayant fait sans bruit son bonhomme de chemin, que tout le monde a cru mort en 2009 après le départ de son chanteur, Mark Fox, mais qui, après avoir remplacé ce dernier par le jeune John Prakesh, un talent sorti de nulle part, est revenu en 2011 avec Back on Track, et confirme maintenant avec Powerplay.

On pourrait s’étonner que le groupe ait aussi fait peu parler de lui en France. Il est vrai que, ayant pour le moment surtout tourné en Suisse et en Allemagne, il n’a pas vraiment poussé l’expérience de ce côté-ci de la frontière. C’est donc l’occasion de les découvrir.

Musicalement, le constat est vite fait : pas de surprise particulière. Un très bon hard rock, mais des plus classiques. Des guitares bien maitrisées, des rifs efficaces mais pas particulièrement originaux, de bons soli ; là-dessus une production propre et nette. Une balade évidemment, placée à l’endroit stratégique et baptisée, sans grande originalité là encore, Wonderful Life. Rien de révolutionnaire, et à l’évidence ce n’est pas le but de Shakra. L’objectif n’est pas de bouleverser les codes du hard rock, mais plutôt de produire quelque chose de sympathique et surtout de se faire plaisir. On sent l’influence des grands noms du rock, mais également et surtout celle de Gothard, qui n’est jamais vraiment loin.

En fait, l’élément le plus original vient du chant. La voix de John Prakesh, avec ses inflexions inattendues et sa façon bien à lui d’attaquer les refrains, est un véritable élément de surprise. Pas non plus révolutionnaire, mais suffisante pour tenir en haleine l’auditeur et lui donner envie de le réentendre encore une fois. Est-ce à cause de ses racines indiennes ? En tout cas, il donne une saveur originale à des titres hard rock aussi classiques que Because of You, Dear Ennemy ou Save You From Yourself. Difficile à décrire, mais à découvrir.

Au final un bon album, qui ne révolutionne certes pas le hard rock, mais lui apporte néanmoins sa petite touche d’originalité. Cela sera-t-il suffisant pour leur permettre de percer sur une scène aussi encombrée que la scène française ? Pas forcément. D’ailleurs cela ne semble pas vraiment leur but. Se faire un nom, faire un peu parler d’eux en revanche, oui.

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