Interview de Stratovarius

Hard rock café. Lieu haut en couleurs, orné de photo de Kiss, de toms dédicacés et de cents autres témoignages des légendes qui y sont passées ! Pour ce soir, on ne s’attardera cependant point sur la qualité du bar, car Stratovarius est là pour présenter son nouvel album, Nemesis. Et c’est Jens Johansson, leur célèbre claviériste, qui répondra à nos questions.

D’abord, merci beaucoup pour cette interview et félicitations pour ce nouvel album ! N’est-ce pas une période compliquée pour sortir un album de power metal ? Beaucoup de groupes de power metal ont récemment produits leurs propres albums : Rhapsody, Orden Ogan, Kamelot, Dragonforce…

Oui, effectivement. Mais je ne sais pas, je n'ai écouté aucun, à part Dragonforce. Il y en a tellement… Mais il y a dix ans c'était des centaines, maintenant tu ne peux en citer que cinq - j’ajouterai aussi Helloween. Mais tu sais, c’est bien si ce style est plébiscité ! Je ne sais pas si on est en compétition avec les autres de toute manière.

Il y a de très bons nouveaux groupes de power metal… Y a-t-il des groupes récents que tu aimes dans ce genre ?

Oui en effet, je n’appellerai pas cela du power metal mais il y a peut-être un an, j’ai entendu parler de ce groupe, Amaranthe. J'ai tout de suite aimé, c’était comme de la pop et nous allons partir en tournée avec eux. Mais surtout, il y a un groupe qui s’appelle Amberian Dawn, en as-tu entendu parler ?

Oui.

Ils ont de très bonnes chansons, très intelligentes et mélodieuses aussi, c’est un concept intéressant, comme du metal dramatique. Des gens très sérieux également ! Mais le power metal… Je veux dire, je ne suis pas un fan inconditionnel de ce type de musique. J’aime beaucoup de choses différentes.

Amberian Dawn, oui, avec Heidi Parvainen ? C’est une super chanteuse !

Oui exactement ! Mais j’ai appris qu’elle avait quitté le groupe, non ? Ils ont une nouvelle chanteuse, plus pop  mais elle chante très bien également ! Bien sûr c’est toujours difficile de changer de chanteur ou de chanteuse...

Exact ! Et surtout quand il s’agit d’une femme ! Là, il s’agissait d’une chanteuse lyrique, et c’est difficile de trouver de telles chanteuses. Et si vous prenez une chanteuse pop, les fans sont furieux !

Oui tout à fait ! Mais en un sens je suis supposé dire : « il ne faut jamais, jamais, jamais, au grand jamais changer de chanteurs ! » Comme LE truc que tu ne peux pas modifier. C’est quelque chose que j’ai appris grâce à Evashley (?) parce qu’ils n’arrêtent pas de changer de chanteur et quand ils partaient en tournée, je me demandais « qui est ce chanteur ? C’est un type différent de celui qui a enregistré l’album ! » (rires) Et, il s’agissait soit du même gars mais avec un nouveau look soit d’un nouveau chanteur. Personne n’arrivait à suivre bien sûr. Mais ensuite j’ai vu Nightwish. Et quand ils ont changé de chanteuse, ils ont eu encore plus de succès ! Ils sont les meilleurs dans leur domaine, ils décident de changer de style et ils y arrivent ! En théorie, on est supposé dire « ne change jamais de chanteur » ! Mais eux, ils ont réussi avec ces deux albums avec Anette. Et maintenant ils changent à nouveau ! Ou peut-être qu’il s’agit juste d’une pause pour elle ! Parce qu’elle est enceinte, non ?

Oui.

Personne ne sait vraiment en fait. Enfin, il s’agit d’un groupe qui a changé de chanteuse et qui a su recréer une nouvelle relation avec un nouveau public, et ils ont eu beaucoup de succès.

Cette fois, leur nouvelle chanteuse, Flore Jansen est déjà populaire. Elle était déjà une chanteuse populaire avec Dream Theater…

Dream Theater ?

[caption id="attachment_9774" align="aligncenter" width="430"] Un groupe regretté : After Forever...[/caption]

Oups désolé, After Forever !

Oui, Dream Theater c’est James Labrie. Mais il n’a pas de seins ! (rires) C’est quelqu’un de très gentil, mais pas de seins ! (rires) Mais pour Nightwish, bien sûr, Tuomas a trouvé quelqu’un de bien. Mais je pense tout de même qu’avec Annette ils avaient… Bien sûr elle ne pouvait pas chanter comme Tarja. Et Floor ne pourra pas chanter comme Annette. Donc oui, c’est toujours difficile, c’est cela que je veux dire. Vous pouvez toujours voir où sont les difficultés. Dans leur cas, ils ont réussi à les tourner à leur avantage et ils font de bonnes chansons.

Tu aimes les chansons des deux albums qu’ils ont faits avec Annette ?

Oui. Imaginerium, au début j’ai trouvé que c’était un peu dur d’accrocher. Il y a tellement de souffrance là-dedans ! Ils ont mis tant de choses à l’intérieur ! Mais des choses fantastique, un p*** de groupe fantastique ! J’aime vraiment. J’ai beaucoup écouté Imaginiarium l’année dernière.

Ok ! Et maintenant revenons à ton album. Tout d’abord, pourquoi ce titre Nemesis ? Ce n’est pourtant pas un album sur la vengeance !

Non ! (rires) C’est comme ça ! Nous avions plus ou moins fini les chansons. La partie musicale, pas les paroles. Nous venions de faire un festival en Espagne, l’été dernier, et nous étions vraiment fatigués, assis à l’aéroport et tout d’un coup Mathias a eu cette idée : « et si on appelait l'album Nemesis ? » Et nous : « Nemesis ? Oui, euh bof… » Et finalement ce nom nous est resté dans la tête. C’est court, facile à retenir, et nous n’avions rien de mieux à proposer. Nous avions déjà toutes les chansons, donc ce n’est pas comme si nous les avions écrites pour coller avec le titre. Mais peut-être qu'il pensait aux chansons. Elles sont un peu plus noires, un peu plus agressives que les choses que nous avions écrites avant. Donc ce n’est pas l’esprit de l’album, mais je sais d’expérience que les choses n’ont pas toujours besoin de coller parfaitement dès le début, parfois tu fais en sorte que cela fonctionne plus tard. Et les choses deviennent un tout, elles fusionnent. Donc depuis le début, nous n’étions pas sûrs du titre, et nous avons fini l’enregistrement et le graphiste nous a fait la couverture que tu vois et bien sûr nous étions « whaou ! C’est totalement différent de ce que nous imaginions. Avec cette ville en feu et cet ange – avec des seins ! Mais, en tout cas, elle est là avec cette épée, très en colère, genre « que font ces p**** de gens à ma ville ? » Elle va descendre ! Pour se battre ou quelque chose comme ça. Mais est-elle Nemesis ou Nemesis est-elle l’entité qui a fait cela à sa ville ? Je ne sais pas. Peut-être est-elle celle qui se venge de Nemesis. Je ne sais pas. Encore une fois il ne s’agit pas d’un album concept. Quand nous avons fini les chansons, personne ne pensait à cela, nous pensions peut-être à des chansons plus sombres, mais pas non plus très sombres. Juste un peu plus heavy, un peu plus agressives.

Oui et cela m’a surpris en un sens, parce que par exemple dans Unbreakable, les paroles sont assez sombres mais la musique ne l’est pas du tout !

(rires) Oui c’est cela ! Mais le milieu du morceau contrebalance cela. Il y a un riff qui est un peu plus sinistre. Mais oui, nous faisons des tests, je veux dire, simplement nous écrivons ce qui nous semble bien pour les fans, et les chansons que nous aimons. Nous étions quatre à écrire, Rolf, le batteur, n’a pas du tout écrit. Donc ce sont les quatre mêmes qui ont écrit Polaris et Elysium et, naturellement  nous avons gardés les chansons que nous aimions le plus, et nous avons retiré tout le reste. Donc ces quatre-là semblent bien fonctionner ensemble ! C’est comme une contre-recette. Parce que rien d’autre n’est fait avec une recette, juste le processus de choix de la matière, comment la créer et comment la choisir.

Unbreakable a été la première chanson de Nemesis rendue publique. Pourquoi ce choix ?

Je pense que c’est une chanson qui accroche ! Et je pense.. En fait, il s’agit d’une histoire vraiment intéressante, mais… Nous sommes un peu mal à l’aise avec cela. Parfois, nous n’avons pas le choix ; tous les autres sont horrifiés à cette idée mais c’est le processus qui veut cela. Nous avions fini toutes ces p*** de chansons et ensuite nous sommes allés voir le type de la radio le plus important de Finlande ; nous lui avons fait écouter toutes les chansons et il a choisi celle qu’il pensait être la plus adaptée à la radio, et ça en l’écoutant une fois ! C’était : « peut-être celle-là, oui » Voilà.  « Ok c’est bon, vous choisissez la chanson que vous voulez. Ok ! » Enfin, je pense qu’un autre type de la radio aurait aussi fait comme ça, ce qui est très bien quand vous essayez de  percer à la radio. La radio reste un média important. C’est très intéressant. Nous étions en Espagne hier et nous avons participé à une émission à la télévision nationale espagnole, une grande chaine qui s’appelle RTB ou quelque chose comme cela ; et il y avait ce gars d’une radio de metal qui accueillait l’émission et nous lui avons demandé quelle chanson devait passer à la radio et il a choisi la même ! Nous étions « oh f**k ». Ils doivent avoir une sorte de connexion bizarre entre eux ou peut-être ce feeling, tu sais, savoir ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, je ne sais pas ! Mais en tout cas, ce ne fut pas notre décision, c’était celle du type de la radio (rires) Mais pour moi, cela aurait pu être n’importe quelle chanson. S’il veut choisir celle-là pour passer à la radio, alors ok ! Je suis pour les expériences !

Quand je lis les paroles, je ne comprends pas vraiment de quoi elle parle. Quel est le thème de cette chanson ?

Et bien, il faut se concentrer sur une impression : quand tu passes vraiment un bon moment avec quelqu’un, que tu essayes d’apprécier à fond ce moment unique et cela n’a pas vraiment d’importance si la fin du monde est proche… Ce qui arrivera l’instant d’après ne compte pas, parce que ce moment-là, si tu te concentres dessus, il peut être vraiment bien. Je pense qu’il y ait rien de plus profond. Tu sais, je pense qu’il s’agit d’une fille probablement ou c’est à propos de la fin du monde ou au sujet de … Je ne sais pas ! Il pourrait s’agir de beaucoup de choses ! Il s’agit sûrement d’une fille, ce qui veut dire qu’il s’agit probablement de seins ! C’est toujours à propos de seins ! (rires) Mais je pense que le message dans ces paroles c’est que tu devrais essayer d’apprécier la vie, même si s’agit d’un moment difficile et même si l’apocalypse a lieu dans 10 secondes, au moins ce moment que tu as devrait être génial.

Et si tu devais choisir ton dernier instant avant l’apocalypse, tu choisirais quoi ?

Une machine à voyager dans le temps me ramenant en arrière ! Ou quelque chose comme une planète différente, me téléporter sur une autre planète (rires) probablement, je ne sais pas. Juste être heureux. Il y a plein de possibilités.

Ok… Concernant Halcyon Day, cela parle-t-il de la légende grecque ou d’autre chose ?

Je pense que Timo et Mathias l’ont écrite, peut être juste Timo mais… Je pense que c’est comme si, dans un monde confus, tu essayais de respirer alors que tout est chaotique. Ce n’est pas vraiment à propos de quelque chose, c’est plus la description d’une sensation, comme si une tempête te passait dessus et que tu étais dans son œil ! Je ne sais pas trop. Nous essayons tous d’écrire des chansons qui sont vagues, afin qu’elles puissent être interprétées de façons différentes. Tu peux penser qu’il s’agit de cela ou de n’importe quoi d’autre !

Donc Halycon c'est la tempête ?

Exactement, c’est comme un moment de paix en décembre entre la dernière tempête de l’année et la première de l’année d’après. Les sept jours.

Des vacances ?

 Oui !

Et Timo a composé cette chanson ?

Je ne m’en souviens plus ! (rires) Je suis sûr que ce n’était pas moi ! Et il ne s’agissait pas de Lauri parce qu’elle ne fait jamais ce type de son fantastiquement pure.

Quand je l’écoute, je trouve que l’accent a plutôt été mis sur la voix de Timo.

Je pense que cela fait partie du processus. Je suis encore en train de parler de mon p***** de processus mais de Polarize à Elysium et à nouveau avec Nemesis, je pense que nous avons tous appris à nous connaître ; et plus particulièrement Mathias, qui n’avait jamais travaillé avec Timo avant Polarize, et maintenant c’est leur troisième album. Donc bien sûr on connaît mieux le mode de fonctionnement de la voix des autres et ce qu’on peut obtenir de plus d’eux. Et je pense que dans le cas de Mathias, il a fait environ deux cent concerts et a rencontré de nombreux grand chanteurs, et il sait comment une voix de chanteur fonctionne. Parce que quand il a rejoint le groupe, il n’avait jamais rencontré personne, il n’avait jamais joué dans aucun groupe, il n’avait jamais écrit pour Timo… Donc bien sur maintenant il a plus d’expérience, comme nous tous. Et bien sûr je sais vraiment comment écrire pour Mathias et Lori, comment écrire des choses vraiment bien pour les guitares mais j’essaye de ne pas trop me focaliser sur celles-ci, tu sais. C’est comme si je me concentrais réellement sur les riffs pour les rendre vraiment intéressants.

Il s’agit du premier album studio avec vous  pour Rolf ?

Oui c’est le premier.

Et comment s’est déroulé l’enregistrement pour lui ? Pas trop difficile ?

Vraiment sans difficulté, il est très professionnel. Et c’était très intéressant. J’ai enregistré trois de mes chansons, je crois, alors que je n’étais pas à Helsinki mais ils avaient une sorte de studio  et on a enregistré via Skype ! Donc j’écoutai l’équipe et parlai avec Mathias et Rolf qui étaient dans le studio, grâce à Skype. On discutait de ce qu’il fallait changer, de ce qu’on pouvait ajouter, comment faire les arrangements, tout cela par Skype ! C’était très intéressant et ça a fonctionné, tu sais. On aurait pu penser « oh f**k, c’est impossible » mais on s’est dit « tentons quelque chose de nouveau cette fois, je ne vais pas à Helsinki, et je me connecte simplement à Skype quand ils enregistrent ». Et pour Mathias il avait un bouton sur le bureau sur lequel il lui suffisait d'appuyer, donc c’était comme si nous étions dans la même pièce. Et cela a fonctionné ! C’est incroyablement facile de nos jours. 15 ans plus tôt cela aurait été impossible.

Pas mal de groupes font comme ça de nos jours. Des fois il y a une partie des musiciens en France, d’autres en Suède, etc…

Bien sûr avec Internet ! Nous faisons ça depuis longtemps. Mais là c'est différent, c'est comme si vous étiez là quand vous enregistrez, tu peux donner ton avis, tu peux chantonner « et, pourquoi on n’essaierait pas huhuhuhuu ? » ou d’autres trucs comme ça tu sais. Pourquoi cela ne fonctionnerait pas ? Bien sûr, quand tu travailles avec des cassettes, tu fais ton truc et tu leur envoies et s’ils ont des remarques – ils en ont le droit ! – ils en parlent ou autre chose. C’est moins direct.

Connaissais-tu Rolf avant de jouer avec lui ?

Non.

Tu l’as choisi pour être votre batteur ?

En fait nous l’avons tous choisi. C’est une décision suffisamment importante que nous avons… Nous avons rencontré différentes personnes, parlé avec elles, mais lui il était vraiment, vraiment… Ce qui m’a le plus impressionné c’est la manière dont il peut jouer, mother f***er ! Mais il est aussi très… Il n’était pas nerveux à ce moment-là ! Il était genre « coucou… » Tout paraissait simple avec lui ! Très relax ! J’ai trouvé que c’était bien. Et j’ai aussi pensé que… Tu sais oui, la première fois que j’ai entendu Mathias joué, j’ai entendu une réelle intelligence musicale. Si tu prends quelqu’un de nouveau dans ton groupe, qui a la même puissance que tous les autres, tu sais que les choses seront équilibrées, et bien sûr c’est bien d’avoir quelqu’un qui a la même sensibilité musicale. Donc c’était lui !

Ok. Je me demandais, dans Fantasy, c’est peut être une interprétation mais pour moi, ça sonne comme le triomphe de l’imagination...

Oui je pense aussi. Je pense c’est à propos de la vie et à propos d’essayer de rêver, quelque chose comme ça. Et faire de ta vie quelque chose de mieux en rêvant de faire quelque chose et ensuite réussir à le faire, quelque chose de ce genre. Mais en fait, c’est un peu plus compliqué que cela… En tout cas c’est une chanson forte. J’aime cela, c’est très… pop. Et très accrocheur aussi. C’est une de mes chansons préférées.

Oui. Pour moi, en fait cette chanson avec le refrain  “fantasy can become reality”, « la fantaisie devenant réalité », on dirait que cela parle de l’instant où tu ne sais plus exactement ce qui est réel et ce qui est le rêve.

La frontière, oui exactement. C’est vrai ! Je ne sais pas ce qu’il voulait dire. Je vais devoir lui demander ! (rires). J’aime ça en un sens, c’est suffisamment flou pour que les gens puissant imaginer différentes choses à propos de cette chanson. Tu sais, comme avec cet ange avec des seins, quelqu’un pourrait dire « elle a bombardé la ville ! » Et bien sûr ce n’est pas ce à quoi j’ai pensé. Peut-être que quelqu’un a mis une bombe là et qu’elle est vraiment furieuse contre ceux qui ont fait ça. Peut-être qu’elle aime être nue, je ne sais pas, pourquoi pas ? Déshabillons-nous ! Bref.

En fait, en mettant de côté ce que ça a de nunuche, je pensais à Lewis Caroll, tu sais, Alice aux Pays de Merveilles. Parfois la réalité, parfois les rêves. Tu ne sais jamais où tu en es.

Oui je pense que c’est vraiment trouble, à la limite de la frontière. C’est vrai. Mais en ce qui concerne la chanson, c’est plus concret. Je ne sais pas, je n’ai pas d’idée. C’est probablement à propos d’une fille, donc à nouveau à propos de seins et de chatte ! Toutes les chansons sont à propos de chattes ! Rien ne peut battre cela. Non. Ce n’est pas cela. Je suis idiot. Je suis désolé. Je ne voulais pas sire ça. Mais je pense que c’est bien parce que ça permet des interprétations stupides comme celle-ci aussi.

 Ou comme l’image : les succubes, Lilith, ce genre de chose…

Oui exactement !

En enfer, des succubes nues faisant ce que tu veux avec Satan et des boucs…

Des chèvres ? Se mettre nu avec des chèvres ? C’est énorme ! C’est juste énorme ! Je ne sais pas. Mais je pense que l’objectif était… Tu sais, faire quelque chose de positif à propos du pouvoir de l’imagination, exactement ce que tu disais au début.

Et au contraire, Out of the Frog, est très guerrier. C’est à propos d’une armée ?

Je pense que c’est à propos de… comment formuler cela ? Une chanson anti-guerre ? Mais bien sûr, comment pourrait-il s’agir d’une chanson de pro-militariste ? Encore que, Sabaton en a quelque unes, en un sens. C’est plus la guerre du point de vue des individus, tu vois. Ils arrivent quelque part et ils ne savent pas trop ce qu’ils attendent et… Je pense que c’est un bon sujet, ces pauvres types qui doivent obéir aux ordres ! On leur dit « Prenez la colline » et ils doivent le faire. C’est horrible. Il y a eu des guerres horribles en Finlande aussi, au cours des siècles. On ne se souvient plus de la plupart d’entre elles mais...

Je ne connais pas bien l’histoire de la Suède mais du peut que j'en sais...

Oui une part de notre histoire est celle de la Suède aussi. Nous étions un seul pays. Les Russes défilaient, ils étaient notre ennemi.

Et il y a eu le roi fou, Charles XII qui a traversé la Russie de la Suède à la Turquie…

Oui exactement. Un type cinglé ! On en parle encore tous les 30 novembre. Parce que c’est l’anniversaire de sa naissance ou de sa mort, je ne sais plus. Mais tous les fous, ils choisissent ce jour pour crier « Oui, Charles XII ! Whaou ! » à sa statue ou pour brûler des croix, quelque chose comme ça. Donc son nom… Bien sûr qu’il était fou mais il était aussi agressif, belliqueux. Je ne sais pas si il aurait été assassiné par ces types ! Ils l’ont choisi comme symbole donc tous les 30 novembre « AAAAH ». Et le dernier album de Sabatton était sur lui. Oui il s’appelait Carolus Rex à cause de Charles XII. Bien sur tu joues un peu avec le feu quand tu fais ça, car tous les cinglés n’attendent que cela. Oui, c’est exactement de cela dont on parlait. “Quelqu’un a fait un album sur nos idées, formidable !. » Et bien sûr tu ne peux pas juste dire aux gens « mais arrêtez, on est juste intéressés par les chansons historiques ! » Je pense qu’ils ont donné quelques concerts en Suède et les journalistes étaient présents, ils ont pris des photos de la foule tu sais. Oui c’est « légèrement » jouer avec le feu. Je veux dire, je les connais les gars de Sabaton, et ce ne sont pas des nazis. Ils s’intéressent vraiment à l’histoire et ils savaient quelle boite ils ouvraient. Au-delà de l’intérêt historique. Ils ont plusieurs chansons de ce type. Out of the Fog, du point de vue des soldats l’est aussi. C’est intéressant.

[caption id="attachment_9768" align="aligncenter" width="345"] Charles XII de Suède : le roi qui mena ses armées de la Baltique à la Mer Noir... Et les perdit intégralement dans l'affaire.[/caption]

Je pense qu’il y a toujours eu en Suède, une toute petite minorité de personnes vraiment fans de ce type de choses. Comme l’écrivain Hamsun,, ou la poignée de types qui ont été dans la  SS Viking Panzerdivision...

 Oui c’est vrai !

Mais il s’agit vraiment d’une toute petite minorité.

Oui très petite. Je pense qu’il y en a dans chaque pays, regarde le Hongrie ! En Hongrie, ils sont même au gouvernement ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? A quoi ils jouent ? On devrait sortir la Hongrie de l’Union Européenne. Ils pourraient être comme l’Union Africaine ! Pas d’euros, pas de poste frontière. Comme dans l’Union soviétique. Quelque chose comme ça. Non je ne sais pas ce qu’ils mijotent. C’est sûrement lié à la crise ou un truc du genre. Quand la crise sera finie, cela se calmera. Mais cela prendra plusieurs années.

Je le pense aussi.

 J’espère que cela se passera bien.

Et donc vous allez bientôt partir en tournée avec Amaranthe? Vous avez pas mal de dates en Allemagne.

Oui, au moins six ou sept je crois, j’ai oublié combien précisément. Je pense que ça sera une bonne tournée. Je veux dire, tout le monde tente de partir en tournée, il y a beaucoup de compétition avec des gens décidés à faire du fric ! Alors je pense que c’est une bonne idée de faire un package avec deux ou trois autres groupes. Nous avons décider de joindre nos forces avec Amaranthe, au lieu de partir chacun en tournée de son côté et d’être en compétition. Et bien sûr, si on part en tournée séparée, cela fait deux fois plus de personnel : deux roadies, deux chefs… Tout en double évidemment ! Alors, plutôt à la façon d’un cirque ou d’un festival ambulant, nous avons decides de nous associer pour faire un bon package, on verra bien si ça marche ! Et il y a aussi ce groupe américain, Seven Kingdom. C’est un groupe à chant féminin, et plus du power metal classique. Tournée 2013 ! Heat or shit, je ne sais pas ! Comme Nemesis d’ailleurs, jusqu’à lundi je ne savais pas si c’était bon ou mauvais ! Mais les gens ont l’air d’aimer. Et je suis bien content ! C’est une très bonne nouvelle pour nous ! Et si on faisait toute la tournée sold out… (rire) Ce serait grand ! Je serais heureux, parce que en live, ce qui compte c’est le fans. C’est mieux qu’ils soient deux mille que deux cents ! Alors on verra bien si ça marche. On essaye d’être plus intelligent que les autres (rire) ! Processus ! Les processus, c’est la clef !

Je ne sais plus, il y a une date à Paris ?

Oui, je crois que c’est le 21 mars, mais vérifie !

Ok ! Merci pour tout et à bientôt !

De rien !

 

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