Stratovarius – Nemesis

 Stratovarius... L'un de ces groupe au passé tumultueux, au line-up ayant subi de multiples changements, annoncé mort plusieurs fois et toujours revenu à la charge. L'un de ces groupes de power metal ayant pris la succession de Helloween et Gamma Ray, et tenant le haut du pavé depuis une dizaine d'années. On l'avait cru mort en 2008, après le départ de Timo Tolkki, qui depuis 1985 était le principal auteur et compositeur du groupe. Mais il avait prouvé sa vitalité en sortant Polaris un an plus tard, confirmant l'année suivante avec Elysium. Depuis, un nouveau changement de line up a encore eu lieu : leur batteur, Jörg Michael, remplacé par Rolf Pilve...

Un changement de line-up de plus ou de moins, le groupe n'en est plus à ça près. C'est donc sans a priori particulier que l'on peut aborder ce quatorzième album, au doux nom de Nemesis. Nemesis ? Hum, voila un nom bien belliqueux pour un album de Stratovarius ! Mais autant le préciser tout de suite, contrairement à ce que l'on pourrait croire il ne s'agit pas d'un album sur le thème de la vengeance ! Pas d'illusion : aussi intéressant que cela pourrait être l'album n'est pas une collection d'épigrammes vengeresses, où chaque chanson serait une Bye Bye Beautiful destinée à chacun des huit ou neufs membres ayant quitté le groupe !

Stratovarius fait partie de ces groupes qui, album après album, se sont construit une base musicale solide sur laquelle capitaliser. Et savent que tout résultat nécessite des efforts... Peu de surprises à prévoir de ce point de vue là donc. Pas besoin d'aller chercher des influences improbables et de les recaser à droite ou à gauche pour se renouveler. Pour quoi faire quand on dispose d'un chanteur de la trempe de Timo Kotipelto, capable de dérouler sans détimbrer un titre comme l'air « Something in the Air » de Unbreakable, de garder le rythme et la fougue sur Halcyon Day, de tenir la note d'une voix de bronze sans autre soutien que la batterie sur l'entrée de Fantasy ? Quand on dispose d'un compositeur comme Jens Johansson, capable de sortir de son chapeau un titre à l'ambiance aussi originale et prenante que Castle in the Air, une allégorie du triomphe de l'imagination telle que Fantasy ; une poésie mortuaire comme If the Story Is Over rappelant le bon vieux Bard's song de Blind Guardian ?

Sur le fond, on retrouve donc un power metal relativement classique, léger et très symphonique, oscillant entre mid et high tempo ; un son clair avec une production très propre. De bonnes parties de guitares, qui cependant ne brillent pas non plus par leur virtuosité ou leur grande originalité. Des chœurs, des parties mélodiques, du clavier prenant parfois un son de clavecin ou d'orgue. Mais quelque chose de solide, de cohérent et au final d'inventif. Oh, il y a beaucoup de titres très typiques du power metal, notamment Stand My Ground ou Dragons. Mais il y a tous les éléments précités, qui au final font de l'album quelque chose de véritablement original.

Le titre éponyme, Nemesis, fait la conclusion de l'album, et résume bien ces deux aspects. Très typique du power metal, ces chœurs à la Rhapsody, cette puissance des riffs et ce tempo rapide. Moins classique cette voix de ténor ferme et mesurée, et ce passage instrumental central !

Nombreuses ont été les sorties dans le domaine du power metal ces temps-ci. Avec cet album, Stratovarius y tient plus qu'honorablement sa place. Un groupe avec lequel il fallait compter dans le passé et, avec lequel il faudra compter dans l'avenir.

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